Mi mars, alors que nous prenions un café comme régulièrement, H. me propose de l’accompagner à Touggourt (le nord du désert) pour le mariage d’un ami d’université.  Entre surprise et enthousiasme, j’accepte rapidement trop heureux de pouvoir enfin m’immerger 3 jours dans un milieu uniquement algérien.

Nous voilà donc avec H. et O., en route vers Touggourt pour une expérience que j’espère pleine de découvertes. 1ère surprise, après 2 ou 3 heures de trajet, H. nous demande si nous préférons revenir le samedi ou le dimanche alors que nous avions prévu de revenir jeudi soir... J’apprends par la même occasion que la principale fête du mariage à lieu le jeudi soir. Impossible donc de manquer ça… Ça commence mal (quand on a laissé son travail et sa femme…), mais ça présente bien les 3 jours qui suivront.

à quelques kms du village, lieu idéal pour fumer une chicha

En arrivant à ce village de 25 000 habitants proche de Touggourt, but de notre périple, nous sommes rapidement pris en charge par les amis du marié. Ici, je ne suis pas plus étranger que mes deux amis constantinois. Nos hôtes sont presque tous noirs, typés subsahariens, et nous ne passons pas inaperçus. En dehors de la langue, je me sens aussi à l’aise que O. qui ne connait ni le marié, ni la culture locale.

Pendant ces 3 jours, tous nos plans touristiques tombent à l’eau. Nous suivons fidèlement nos hôtes, sans savoir ce qui nous attend l’heure d’après. C’est toujours une surprise ! Certaines valent vraiment le coup comme le coucher de soleil sur le désert, le barbecue dans la palmeraie ou les différents rites du mariage. Mais j’aurais bien évité celles qui ressemblent plus aux soirées d’étudiants français.

rite de l'habillage du marié, dans la palmeraie du village

Nous découvrons que les mariages sont vécus ici collectivement sur presqu’une semaine. Entre rites bien définis et occasion de faire la fête, j’ai l’impression de vivre un enterrement de vie de garçons. Avec la bande de potes du mariés, nous vivons les étapes qui précèdent tous les mariages du village : hammam, repas chez la mariée (seulement pour les amis du marié), repas chez le marié, habillage du marié (il change de costume au moins 2 fois par jour), récitation du Coran, parade dans le village au rythme des tambourins, soirées sur la place du village avec un nouvel orchestre chaque soir. Tout cela, bien sur, dans une stricte non mixité.

le cortège du marié fait le tour du village

Une grande pancarte invite tous les passants à participer au repas final et aux soirées. Apparemment, près de 1000 repas furent servis le grand soir.

Le rapport à la tradition est étonnant. On sent la fierté de chacun à perpétuer les traditions du village. On sent tout le poids de la société traditionnelle ou la séparation hommes/femmes et la religion sont encore bien plus présents qu’à Constantine. Mais sous cette apparence bien cadrée, une vie parallèle suit son cours.

place du village, la soirée va commencer!

Au retour, je suis malade comme un chien pendant les 7 heures du voyage (pas toujours facile d’avoir les conditions sanitaires optimales quand on prépare 1000 repas…), heureux que prenne fin cette expérience culturelle, mais ne regrettant pas du tout cette immersion en Algérie.

lac du village