IMG_3521 (Copier)Ne dit-on pas que les traditions culinaires sont celles qui perdurent le plus quand on quitte son pays? En effet, quel français ne s’est pas surpris à rêver de fromage ou de chocolat lors d’un séjour à l’étranger? Et ici, nous mesurons que la cuisine reste bien centrale dans les relations et la vie quotidienne. Gary Chapman n’a pas du beaucoup sortir de son pays pour oublier le 6ème et universel « langage de de l’amour » : celui de la nourriture ! En Algérie, il nous qu'il tient une bonne (très bonne) place en tout cas !

 

 

Le don de nourriture est vraiment le signe de l’hospitalité et de la sympathie, et nous mesuronsIMGP9285 (Copier) notre meilleure intégration cette année au nombre de plats que l’on vient nous offrir ! La générosité culinaire est très grande. Un bel échantillon de plats constantinois est venu égayer nos papilles grâce aux dons de collègues et d'une voisine dès que nous passons chez elle ! Un superbe gâteau aux couleurs de l'Algérie est venu de chez les voisines d'en face pour le soir du match de la qualification à la coupe du monde (Algérie/Burkina). Les gâteaux offerts pour les Aid successifs, mariages et autres occasions ont maintenant leur place réservée dans notre cuisine (notre stock de makkroud ne s'est pas épuisé depuis la fin du Ramadan).

 

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Que faire pour avoir une conversation animée ? Lancez le sujet nourriture, et vous serez étonnés, c'est une valeur sûre, même (et surtout) entre hommes ! Comment parler de tout cela, sans évoquer la Charchoura : le roi des plats constantinois. Celui qu'on offre aux mariages et dont tous les hommes parlent en détail, jusqu'à en faire baver l'auditoire. Ce plat à base de pâtes finement et patiemment cassées est celui des grandes occasions, et sa qualité est le gage d'une fête réussite. Il y a même une très bonne tradition qui veut qu'on rapporte une part du repas à ceux qui n'ont pas pu venir à la fête.

 

La nourriture c'est aussi ce quelque chose de sacré qui reste de la relation mère-enfant. Chez nous aussi, on peut se souvenir de certains bons petits plats de sa maman… ici un couscous est forcément beaucoup moins bon que celui de sa maman. Un fils qui refuse de prendre un plat préparé par sa mère peut être vécu comme rejetant.

 

Il faut tirer ici un chapeau bas à ces artistes cuisinières que sont la plupart des femmes algériennes… leur précision, leur créativité dans la décoration des gâteaux, sont vraiment impressionnantes. On a souvent du mal à croire que c’est fait maison. Et pourtant… c’est du fait à la main, des heures durant pour honorer les traditions séculaires qui font la fierté de Constantine, notamment. Les quelques échantillons photographiques ci-présents vous permettront d'apprécier vous-même les artistes.

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Ici, « Maggi libère la femme » n'a pas été un bon sloggan marketting! Presque impossible de trouver des plats déjà préparés. Même sans être des adeptes du surgelé, nous avons réalisé qu’une petite poêlée toute faite, de temps en temps, c’est quand même bien agréable. Une amie disait à Laure : « non, ici on résiste, on préfère les produits frais » ! En effet, on n'a rien sans rien... et cela permet aux femmes de bien profiter de leur cuisine, et pour celles qui travaillent, d’avoir un double job à plein temps !

 

Question que se posent peut-être certains baroudeurs : faut-il vider son assiette ? Nous avons eu IMGP9309 (Copier)récemment des informations intéressantes sur cette question interculturelle de taille.

Avant, cela faisait partie de la politesse de laisser une partie du plat, pour plusieurs raisons : quand on mange dans le plat commun c'est plus logique par rapport aux assiettes individuelles ; il s'agissait aussi de montrer que l’on avait assez à manger chez soi (que l'on n’a donc pas besoin de dévorer chez les autres), que l’hôte nous a servi assez, et éventuellement en laisser pour les femmes et enfants qui mangeront en 2ème service. Mais ça c’était avant, ou dans des coins très reculés, donc ne vous privez pas ! Cela dit, ça peut servir pour ne pas être resservi, quand on est vraiment « chbat » (le mot magique, « la peau du ventre bien tendue »).

 

Pour conclure et pour vous faire baver : une photo de café constantinois qui dépasse de loin tous les autres, sans aucun chauvisnisme mal placé.

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