Depuis septembre, Angèle, 4 éducatrices de Constantine et Annaba et moi sommes allées nous former à Alger dans le cadre du projet interdiocésain Caritas Algérie / formation d’éducatrices en Jardins d'enfant. Durant ces 5 semaines, il y a eu une montée en puissance où nous avons vécu des temps forts, humainement et pédagogiquement. Petit à petit, le groupe s'est soudé, les échanges se sont approfondis, la crainte de devenir formatrice s'est en partie estompée grâce au travail d'équipe qui se met en place. La motivation et l'enthousiasme étaient là depuis le début, et on sent de plus en plus d'émulation. Nous n'oublierons pas ce 1er mai, où nous avons fait honneur à la fête du travail, en travaillant quasiment sans pauses de 8h jusqu'à 19h ! « C’est une expérience formidable, j’ai appris beaucoup de choses, c’est une chance d’être les 1ères algériennes du projet, on nous a fait confiance, nous devons être des exemples pour les autres. », nous dit S.. En effet, nous n'oublierons pas ce 1er mai, où nous avons fait honneur à la fête du travail, en travaillant quasiment sans pauses de 8h jusqu'à 19h ! « Nous avions des connaissances mais ça les a approfondies (sur l’éveil mathématique par exemple, je ne le faisais pas) ».(A.)    

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Comme dans la future formation, nous alternons les enseignements en pédagogie et en travaux manuels, ce qui permet de faire marcher la tête mais aussi les mains. Nous avons bénéficié en plus d'intervenants extérieurs très intéressants : une sociologue sur les évolutions de la société algérienne, une juriste sur les droits des enfants et des femmes, une psychologue sur le développement de l'enfant, des pédagogues. Tous ces moments ont été forts en débats de fond sur le rôle (difficile) des éducatrices et des femmes algériennes pour promouvoir le respect de l'enfant dans ses besoins et son développement progressif, l'autonomie, l'éveil, la découverte par soi-même par rapport au par cœur... Tout ces principes pédagogiques étant bien durs à mettre en place dans les difficiles des conditions de travail actuelles (locaux très petits, classes surchargées, pression des parents, précarité des postes d’éducatrices etc).

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Toutes celles qui habitent loin sont logées à la maison diocésaine, et être ensemble sous le même toit permet beaucoup de partages, nourris par un intérêt mutuel sur nos recettes de cuisine, mais aussi nos cultures, nos religions, dans un très grand respect.

Nous avons vécu un très bon moment lors d'une sortie à Tipaza, organisée avec brio par les éducatrices algéroises : entre 2 repas, 3 photos de groupes, nous avons visité les ruines de Tipaza et du tombeau de la Chrétienne, « on a man-gé, on a chan-té, c'est lâa vie, lalalalala... » revenait souvent mais on peut dire qu'on s'est aussi ai-mées, comme dans la chanson. Et comme l’exprime N. « C’était vraiment enrichissant, ça m’a touchée, la confiance, l’amitié entre les cultures différences. Le prophète a travaillé lui aussi avec des Juifs, des chrétiens, avec tous les savants de l’Orient ».

Quand on entend une kabyle dire « Avant j'étais raciste, mais maintenant je n'ai plus de problèmes avec les arabes ! », et A. constantinoise « Nous avons appris à travailler en groupe, ensemble, même si nous sommes différentes. Finalement le racisme existe dans toutes les catégories, moi qui croyais que les Kabyles étaient sectaires, au contraire, j’ai été très bien accueillie à Tizi ! », on ne peut s'empêcher de croire que « l'esprit caritas » est à l'oeuvre, grâce à ces éducatrices algériennes... Travailler ensemble, faire des projets, vivre une semaine de formation : autant d'occasion de se connaître en profondeur, qui diminuent la méfiance envers l'autre. Et permettent de bâtir un projet en vue de la promotion humaine.